J’aimais ça, embrasser sa nuque. Je trouvais ça vraiment cochon. Couchées en cuillère, son corps bien imbriqué dans le mien, je tassais ses cheveux noirs d’une main. Je soufflais doucement sur sa peau, elle frissonnait. Puis je couvrais sa nuque et le haut de son dos, ses épaules, de petits becs, de morsures, de petits coups de langues. Elle venait chercher ma main libre et la glissait sous sa culotte. Elle fermait les yeux, elle semblait se concentrer.
Entries from June 2008
savoir ce que je veux et aller le chercher, sans peur
June 30, 2008 · Leave a Comment
Elle était venue cogner chez moi en plein milieu de la nuit. Elle savait que je ne dormirais probablement pas. Depuis que nous étions voisines, elle arrêtait souvent comme ça, à l’improviste, avec un verre dans le nez et une bouteille de rouge dans la sacoche.
Les soirs où elle ne venait pas me voir, je dormais moins bien.
«Je te déranges tu?»
«J’écrivais.»
«Tu veux tu que j’y aille?»
«Non, reste…»
Elle sourit. Elle était tellement belle.
Elle se dirigea droit ver mon bureau et se mit à lire ce que je venais de composer. Elle grimaça, peinant pour déchiffrer mon écriture, puis abandonna. Ça faisait mon affaire; c’était pas très bon.
«Je t’ai même pas donné tes becs» qu’elle me dit, des étincelles plein les yeux.
Ça faisait plusieurs mois déjà que j’étais tombée en amour avec Véro, mais je ne lui en avais jamais glissé mot. Ça ne servait à rien de lui dire, elle était straight, et puis, nous étions amies depuis bien plus longtemps que ça… je ne voulais pas gâcher notre amitié.
Je souris.
Elle m’embrassa délicatement, du bout des lèvres, sur les deux joues. Elle s’attarda plus longuement que nécessaire, il m’avait semblé. J’avais chaud. Elle sentait bon. Mes joues étaient probablement écarlates. Comme j’allais me retourner, elle m’attrapa la main, en riant. Je n’osais plus bouger.
«J’ai envie de t’embrasser.»
Elle m’avait dit ça, comme ça, comme si de rien n’était. J’aimerais tellement être comme elle, savoir ce que je veux, et aller le chercher et sans peur, sans me poser de questions.
J’hésitais.
J’avais très envie de l’embrasser aussi. Mais elle avait bu. Est-ce qu’elle le pensait vraiment, ou est-ce que c’était le vin qui parlait pour elle?
Véro n’attendit pas que je me décide. Elle m’embrassa doucement, un peu hésitante, en rigolant. Ses lèvres étaient douces et froides et goutaient le vin.
Puis, elle m’embrassa encore, toujours en riant, mais elle n’hésitait plus. Sa langue vint chercher la mienne.

Categories: fragments
i want to stop being a grumpy sour bitch like i’m a teen all over again
June 27, 2008 · 6 Comments

i’m so angry
and so sad
and i’m so scared
i can’ find myself
i don’t understand what’ going on
i just want this to end
i want all these feelings of uselessness and bitterness to go away for good
i want to forget it all happened
or close my eyes and sleep forever
i want to stop being a grumpy sour bitch like i’m a teen all over again
but i just don’t know how stop how to make it all stop
i don’t know how to be a better me
i don’t know how to go back to being happy
i cant stop crying all the time
there’s this little princess inside of me
who wants to love and live and believe in life and love all over again
drowning her in beer and cigarettes will only shut her up for some time
i’m scared
and we shared tea from the same cup
June 25, 2008 · Leave a Comment
so we went out and ended up talking and reinventing the world in this little hole in the wall shop where you have to take your shoes off and we shared tea from the same cup and we ate exotic foods and our shoulders would touch if he wasn’t being very careful and then he whispered words in my ears and i talked like i knew stuff and he listened and nodded and smiled and we laughed and the couch was sort of smelly but i didn’t mind cause he was looking at me and his eyes have gold flecks in them that dance around when he talks and it was
just
perfect

Categories: poésie en prose
Tagged: poetry
tu ne me donne jamais signe de vie
June 24, 2008 · 2 Comments

j’ai comme l’impression de t’avoir trompé avec lui mais dans le fond on ne sort pas ensemble tu ne sembles même pas être intéressé par moi alors il est un peu con de ma part de t’attendre avant de plonger de t’attendre chastement chez moi entre chacune de nos rencontres qui ne mènent à rien et pourtant c’était tellement triste et décevant que j’aurais mieux fait de m’en passer de lui et je ne peux pas m’empêcher de me sentir coupable comme si je t’avais trompé avec lui comme si j’avais raison de ne vouloir que toi comme si j’avais raison de te demeurer fidèle alors que tu ne me donne jamais signe de vie
Categories: fragments
comme quoi les intérêts communs ne sont pas toujours suffisants
June 24, 2008 · Leave a Comment
Il avait vraiment tout pour me plaire. Il était intelligent. Il était beau, les cheveux et les yeux bruns-noirs, le teint foncé… exactement mon genre. Il aimait la musique avec la même passion que moi. C’était même un musicien.
Nos premières 72 heures ensemble furent magiques, remplies de sourires, de longues discussions enflammée sur l’âge d’or de la dance, de vinyls rarissimes… il me courtisait a grand coup de techno des années 80, ses beaux yeux me fixant intensément, heureux de voir tout l’effet qu’il avait sur moi, me couvrant de compliments.
Je le regardais essayer de m’impressionner avec sa musique et je souriais, en me disant, à chaque fois qu’il déposait l’aiguille sur le disque, que j’avais peut-être enfin trouvé le bon, un mec qui me branche et avec qui je partage des intérêts communs, des passions communes.

Jaser d’électro avec lui, c’était les meilleures préliminaires que j’avais jamais vécu. À chaque nouvelle pièce qu’il me faisait jouer, il m’allumait encore un peu plus. Et plus on se rendait compte que nos goûts se ressemblaient, plus on se désirait.
Après 3 jours d’orgies musicales et de vin rouge jusqu’aux aurores, il m’a embrassé. C’est arrivé presque par accident, comme dans un film, une pochette échappée par terre, nos mains qui se touchent, puis nos lèvres… Nous nous sommes embrassés, lovés dans son futon, pendant des heures, comme des ados.
J’avais tellement envie de lui, il me rendait complètement dingue avec ses caresses, sa bouche, sa voix douce dans mes oreilles… c’était un moment parfait.
Categories: fragments
j’aimerais vraiment ça écrire autre chose qu’un poème d’amour un jour
June 23, 2008 · 3 Comments

je me sens un peu floue
je t’attends
de retour chez moi et toujours sans nouvelles
je me demande si tu as même remarqué que je te veux
j’imagine
que tu as tes raisons
j’essaie de t’oublier mais je n’y arrive pas
tous les autres ne sont pas toi
câlice!
j’aimerais vraiment ça une bonne fois pour toute écrire autre chose qu’un poème d’amour
apparemment j’en suis incapable
faut faire avec
ou ben cesser de me prendre pour un écrivain / poète
je devrais peut-être recommencer à boire
Categories: 02.poèmes
tout ce bruit en moi
June 23, 2008 · Leave a Comment
tout va vite très vite je n’ai pas le temps de terminer une idée qu’une autre jailli et pourtant je n’ai pas l’impression qu’aucune de ces idées porte en elle la réponse que je cherche ou même un quelconque sens ce ne sont que des mots qui se bousculent dans ma tête dans le désordre reste que j’ai l’impression que si je réussissais à les assembler dans l’ordre que je comprendrais la source de tout ce bruit en moi

Categories: fragments
tell me now how should i feel
June 8, 2008 · 9 Comments

Il a éteint toutes les lumières, et mis de la musique.
Il a enlevé que ses jeans et son short, et gardé son t-shirt.
Il m’a pris en levrette, toute habillée, la jupe relevée, la culotte aux genoux, avec beaucoup de lubrifiant parce qu’il s’est pas donné la peine de préliminaires. Ç’avait quand même fait mal.
«Je t’aimes» que je lui ai dit, à travers mes larmes. Je pleurais tout le temps, même durant l’amour, à ce point là.
Il n’a rien dit. Il a juste accéléré le rythme, histoire d’en finir au plus vite.
«Je t’aimes… » que j’ai répété, plus fort, au cas où il m’avait pas entendu.
Il bougeait encore plus vite.
«Je t’aimes! Dis-moi que tu m’aimes!» que j’ai presque crié, et toujours rien.
Je me suis débattue, pour me déprendre, mais j’ai juste réussi à l’exciter plus; il est venu dans mon dos, pendant que je cherchais à m’éloigner de lui.
«Tu me dis plus que tu m’aimes, maintenant?»
Il ne m’a même pas regardé. Il s’est rhabillé. Puis il est retourné se rassoir dans le salon pour regarder la télévision.
Je me suis essuyée.
Je ne pleurais plus.
Il ne m’aime plus.
Là, cette fois, j’en étais certaine.
Categories: fragments
cucul is the new black
June 4, 2008 · 2 Comments

je m’en retournerai chez moi
pieds nus
portant ma poésie comme un enfant à naître
gestation de mots mitrailles
le silence au cœur
et l’envie de toi au creux de mes reins
je marcherai
sans voix
mes émotions comme des pissenlits dans la garnotte
ça pousse ça pousse même où on en veux pas
ça déchire le bitume
faudrait ben je sarcle
je m’effiloche
j’veux juste être avec toi
partout tout le temps
j’veux
écrire des mots qui fouettent et qui réveillent
des poèmes étendards qui changent tout
un recueil molotov qui éclabousse ma génération de flancs mous
prendre mon stylo comme on prends les armes
mais toute ce que je sais faire
c’est écrire des poèmes d’amour
fumer une cigarette de trop
puis une autre
toute ce que je sais dire
c’est
l’envie de goutter ta peau
c’est les paillettes d’or dans tes yeux
Categories: 02.poèmes