petits bouts de textes

Entries from July 2008

du bout des doigts 2

July 28, 2008 · Leave a Comment

J’évite de mon mieux les flaques qui s’accumulent sur le trottoir.
La pluie tambourine sur mon parapluie, que je fais tourner, de grands arcs d’eau virevoltants joyeusement autour de moi.
«Salut!»
C’est elle. Julie. La belle Julie. Quelques semaines auparavant, nos chemins se croisaient. Par la suite, spontanément, on s’est vu beaucoup, placotant jusqu’aux aurores autour d’une coupe de vin.
«Ça va?»
«Oui!»
«On devrait peut-être se cacher de la pluie?»
En riant, elle coure jusqu’à un abri, devant une petite maison dont l’entrée est en retrait.
Je la suis, le cœur battant. Des mèches mouillées collent à son front. Je les replace timidement, du bout des doigts.
Nos regards se croisent. Je souris un peu, nerveusement, puis, sans même y penser, je l’embrasse.
Ses lèvres sont froides, mouillées.

Categories: fragments

du bout des doigts

July 22, 2008 · 2 Comments

Elle porte ses petites culottes que je préfère, celles qui ne cachent que la moitié de ses fesses.

«Ensuite, tu passes par où?» dit-elle, d’une voix ensommeillée. Couchée à plat ventre, la tête bien enfouie dans ses oreillers, je me demande si elle va se réveiller ou se rendormir.

«Ensuite, je prends Saint-Vallier pendant un bout.» Je dessine une ligne avec mon doigt le long de sa colonne vertébrale. Lorsque j’atteins le bas du dos, elle cambre les hanches légèrement.

Je vais peut-être réussir à la réveiller.

«Un moment donné, Saint-Vallier fait un croche…» Pour illustrer, je laisse ma main glisser vers le côté, caresser la naissance de son sein. «… alors je tourne, sur Bigaouette, je pense.»

«Oui, c’est ça, c’est Bigaouette.»

«Là où il y a la station service.» Je dessine les lettres E, K et O dans le milieu de son dos.

«Le EKO.»

«T’as deviné que j’écrivais ça dans ton dos?»

Je me colle, lui donne deux becs au creux de son cou. Elle sent bon.

«Oui…»

Elle se tortille pour se replacer plus confortablement dans les draps, souriante.

«Puis, je suis sur ta rue.» Je caresse ses fesses, juste sous la culotte, du bout des doigts. «Y’a plein de chats dans ton quartier, c’est fou!»

«hmoui…»

Sa voix est moins forte.

Couchée contre elle, en cuillère, j’hume ses cheveux.

«Julie?»

Elle ne répond pas. Elle dort déjà.

Categories: nouvelles

but how can i take a break from myself

July 21, 2008 · Leave a Comment

et tout ce bruit dans ma tête

ça arrête pas

ça enterre tout

 

 

there’s too much noise inside my head i cant stop it it wont stop there’s nothing there but noise it doesn’t stop

maybe i’m just bored with myself

 

 

noise noise noise cant stop the noise inside my head i wish it would stop but it just goes on and on and on it’s like a soft buzz of voices that keep doubting everything that analyse anything that destroy all hope that smother all dreams filling every inch of me with noise noise noise

          

          

          

          

   

 

 

 

 

 

(jeu)

Categories: fragments

cucul is the new black

July 20, 2008 · Leave a Comment

Elle a tellement un beau rire. Je fais tout ce que je peux pour la faire rire. J’invente des histoires folles, je fais des grimaces, je la chatouille.

C’est le plus beau bruit du monde.

Categories: fragments

i don’t kiss on the first date

July 15, 2008 · 2 Comments

i don’t kiss on the first date i’m old fashioned that way if i really feel like kissing you though you’ll be able to tell cause i’ll stare at your lips more than your eyes when you talk to me yeah you know that if you kiss me ill kiss you back

          

          

          

          

          

(still playing)

Categories: poésie en prose
Tagged:

maybe i’d be happier

July 14, 2008 · Leave a Comment

i don’t like saying i love you in return it sorta feels less important when it’s i love you too instead of i love you so i often have i love yous caught in my throat that wont come out no matter how much i’d love to say it just because i wasn’t the one who said it first what would happen if i said it first more often what would happen if i could just reply i love you when someone says i love you to me first

 

Categories: poésie en prose
Tagged:

les petites culottes que portent les fées

July 13, 2008 · Leave a Comment

Elle avait l’air d’une petite fée, menue, gracile, les traits fins et allongés. Elle s’animait alors qu’elle me parlait. Mon regard allait de ses yeux à sa bouche rose, et, parfois, à ses petits seins ronds, parfaits.

 

 

 

 

La sangria aidant, elle s’était décidée à venir me rejoindre sur la piste de danse. Elle dansait en petits cercles autour de moi, une main caressant parfois le bas de mon dos, le bas de mon ventre, au passage. Je riais lorsque nos regards se croisaient.  Ses cercles se faisaient plus petits, presque tout son corps me frôlait lorsqu’elle passait derrière moi.

«T’es tellement belle!» que je lui ai crié par-dessus la musique. C’était sortit tout seul, avant même que j’ai le temps d’y penser.

Je ne suis pas certaine qu’elle ait entendu, mais elle s’est rapproché, me faisant signe de répéter. Nos joues se touchaient, tellement elle était proche. Elle avait déposé une main délicate sur ma hanche.

«T’es belle.».

Je l’avais presque chuchoté. J’étais enivrée par son odeur.

«Toi aussi.».

 

 

 

 

Elle m’avait tendu un t-shirt et une serviette de bain. «Si t’as besoin de prendre une douche…» Son regard semblait me fuir. «Moi, je vais en prendre une.», puis elle sorti de la chambre.

 

 

 

 

Ses mamelons pointaient de désir sous ma langue. Ses yeux étaient fermés, son visage, crispé dans la plus belle des grimaces. Elle respirait plus vite. Elle me regarda. Elle avait l’air très sérieux. Ça m’a fait rire. J’ai suivi son regard. Elle remontait son gilet doucement. Puis, elle glissa sa main sous sa culotte. Elle était rose, délicate, ajourée, avec un petit ruban blanc. Exactement le genre de petites culottes que devaient porter les fées. Elle m’offrit ses doigts mouillés. Ils gouttaient bon.

Categories: fragments

f18

July 7, 2008 · 2 Comments

Une brindille à la main, je m’agenouille à côté de la fourmilière. Je tapote le sable, délicatement, près du plus gros des trous. Curieuses, les fourmis sortent inspecter d’où vient ce bruit. Les antennes qui gigotent, elles courent vite. Elles ne trouvent qu’un bout de paille sec. Il en sort plusieurs autres, pour déplacer l’intrus. Je n’aime pas trop qu’il y en ai beaucoup de sorties à la fois. Je me lève. J’ai écrabouillé du genou un pissenlit, sans faire exprès. Un pli barrant mon front, je tente de défroisser la fleur. Je n’y arrive pas. J’ai envie de pleurer. Je vais la cacher sous le sapin dans la cour arrière.

Categories: fragments

oh, yeah, by the way

July 6, 2008 · 3 Comments

ceci est un jeu

 

all i want to tell you is that i’m sick and tired of it all. i wish you’d just go away and leave me alone. you’re the one that up and left me, why move back just a few doors down now? are you trying to get my attention? guess what? it worked! i am now fully aware we are neighbours. i actually have a hard time thinking of anything else but that, lately.
every time i go out, every time i open my curtains, i think i could see you. every time i walk down the street and i hear a car engine, i wonder if it’s yours. every time i go to those little places we used to like, i feel like turning back, but i force myself to go anyway. there is no way in hell i’ll be a prisoner of my own damn neighbourhood. i will keep on doing everything as usual. and i’ll just hope i stop thinking about you all the time.
until then i’ll make sure i’m dressed and looking my best every time i go out. i hate myself for doing it. but i wouldn’t want you to see me less than perfect and thinking i changed for the worst because you broke my heart. its stupid, its just pride, but i cant fight it.
oh yeah, by the way: fuck you, asshole. i was doing really great until you moved back in the neighbourhood.

c’est pas du tout poétique – ou même intéressant à lire haha
c’est sorti d’un jet, vite vite, et j’ai rien touché sauf les fautes d’ortho et de grammaire trop flagrantes

Categories: fragments
Tagged: ,

écriture automatique

July 3, 2008 · 3 Comments

NDLR: J’aime dire que je suis La Rédaction. Ça me donne de l’importance. Voici un petit bout d’écriture automatique, tel que suggéré par L’Aut’ BlogLes règles du jeu … On ouvre Word, on écrit, on publie. C’est simple, c’est court et si l’on se revise, on triche … le jeu n’est plus amusant.”

 

 

Il plante ses griffes dans ma cuisse. J’ai a peine sourcillé. Lentement, il découpe ma chair, surveillant ma réaction. J’ai a peine sourcillé. Il saisit ma nuque dans sa gueule, ses crocs percent la peau; il me secoue un peu. Puis, il me jette. Je suis une petite masse de chair à vif et de sang, dans un coin du lit. Ses yeux brillent dans le noir. Je ne cherche même pas à me sauver. Je me sens rassurée dans mes habitudes.

 

 

NDLR 2: La preuve que j’ai joué réglo: “J’ai a peine sourcillé” deux fois, par erreur, que je meureeeeee d’envie de corriger.

Categories: fragments
Tagged: ,