J’évite de mon mieux les flaques qui s’accumulent sur le trottoir.
La pluie tambourine sur mon parapluie, que je fais tourner, de grands arcs d’eau virevoltants joyeusement autour de moi.
«Salut!»
C’est elle. Julie. La belle Julie. Quelques semaines auparavant, nos chemins se croisaient. Par la suite, spontanément, on s’est vu beaucoup, placotant jusqu’aux aurores autour d’une coupe de vin.
«Ça va?»
«Oui!»
«On devrait peut-être se cacher de la pluie?»
En riant, elle coure jusqu’à un abri, devant une petite maison dont l’entrée est en retrait.
Je la suis, le cœur battant. Des mèches mouillées collent à son front. Je les replace timidement, du bout des doigts.
Nos regards se croisent. Je souris un peu, nerveusement, puis, sans même y penser, je l’embrasse.
Ses lèvres sont froides, mouillées.




