petits bouts de textes

Entries from October 2008

de l’enfer de publier sur le ouèbe des textes composés en état d’ébriété avancé

October 30, 2008 · 2 Comments

Le nombre de fois que je me suis retrouvée devant chez toi, saoule au petit matin. Il faisait froid, et j’étais trop dépendante pour me garder de quoi payer la traverse. Je restais au bar jusqu’à la fermeture, pilier, accotée au comptoir, fumant clopes sur clopes. Le barman me voyait plus souvent que ma mère.

Tu m’ouvrais, fripé, confus, et tu me souriais. Ton sourire illuminait le ciel, et tu riais. On placotait en fumant tes rouleuses, souvent roulées des restes d’autres éteintes trop tôt. On réinventait le monde. Tu te grattais le ventre en m’expliquant pourquoi tout était pourri. J’étais tellement contente d’être là, recroquevillée sur ton divan.

Et puis on se couchait dans ton grand lit sale. Y’avait jamais ta blonde chez toi, je l’aurai jamais compris. Échouée, exsangue, j’attendais ma mort ou le sommeil, whitch ever comes first, en regardant le jour se lever de derrière la fenêtre.

Categories: fragments

reste que je m’ennuie

October 28, 2008 · 2 Comments

La pluie avait traversé nos manteaux, collé mes cheveux, et s’était infiltré jusque dans mon soulier gauche. En riant, nous avions couru les derniers pâtés de maison, évitant à peine les grandes flaques d’eau qui s’accumulaient sur le trottoir.
Souriante, essoufflée, j’ai glissé la clef dans la serrure, ouvert la lumière du vestibule, puis, me ravisant, je l’ai éteint.
« Ça va? », qu’elle m’avait demandé.
« Oui. »
J’ai souris.
« Je me suis ennuyé de toi. »
« Moi aussi! »
Doucement, je l’ai plaqué contre la porte d’entrée, mes lèvres contre les siennes, mes mains autour de ses poignets. Elle soupira, les yeux mi-clos.
« Je suis toute mouillée… »
Elle me sourit.
« Va falloir se déshabiller… »
J’ai éclaté de rire.

 

 

L’odeur du petit matin se mélangeait à la sienne.
Ses cuisses étaient rouges à cause du froid.
Elle se tendait, le dos arc-bouté, belle, les yeux fermés pour mieux se concentrer. Une mèche de cheveux lui barrait le front.

 

 

Le jour allait bientôt se lever; le ciel changeait de couleur doucement.
Elle frissonnait un peu, nue, couchée sur le parquet.
« J’ai froid… »
Je me suis collé de tout mon long contre elle.

 

 

Elle se tourne sur le dos, dépose sa tête sur mon ventre. Puis elle sourit.
« Montre-moi les constellations que tu connais. »
« Quoi? »
J’avais attrapé sa main, la tenait prisonnière dans les miennes, tout contre mes seins.
« Montre-moi les constellations que tu connais! »
Elle pointe vers le plafond, en quelque part entre le cadre de porte et la lumière.
« Euh… »
Je n’ai jamais été bonne à ce jeu là, l’imagination. Pour me donner du temps et y penser, j’embrasse le bout de son index, de chacun de ses doigts.
Elle est imperturbable. Elle attend.
« Euh… Ça, c’est Cassiopée… Et ça, c’est Orion. »
Je pointe le plafond au hasard.
« Et puis, là, c’est la Grande Ourse… et… la petite Ourse. »
Elle me regarde, les sourcils froncés.
« Quoi? »
« C’est des noms de VRAIES étoiles, ça! »

Categories: fragments

October 23, 2008 · Leave a Comment

i’m scared of saying it
scared that if i say it, even if it feels like the most perfect moment
your eyes will go blank, you’ll be uneasy
and all the magic will die
so that’s why i’m not saying it
yet
sometimes i imagine i’d tell you and you’d be so happy and we’d kiss
and you’d say
me too
but most times i imagine you being scared and running away inside your head
so i’ll wait until it bursts out, i guess
until i can’t not tell you
i guess
maybe all i can do is wait for you to say it
so i can say
me too

Categories: 02.poèmes
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drunken poetry ou De la difficulté d’écrire sous l’influence de l’alcool

October 22, 2008 · Leave a Comment

we where loud and drunk and disorderly and magnificent
your eyes showering me with gusts of gold flecks all over
hit the lights
we’ll be famous one day i’m sure
until then i’m perfectly happy to bar-hop, wrapped in neons and scandalous
talons aiguilles dans l’éternité
light up another cigarette and give me your hand
i want to live forever i want to dance dance dance i want to be with you right here with you and i want to hear you say i love you too

Categories: 02.poèmes
Tagged:

pas fini – work in progress

October 22, 2008 · Leave a Comment

c’est quand même pas pire que je sois encore capable d’écrire

happée plein fouet par ta poésie

juste envie de m’y retrouver

de te regarder dans les yeux

là, tout de suite

pis de plus jamais bouger, jamais

Categories: 02.poèmes

ubiquité

October 7, 2008 · 2 Comments

À chaque fois que je lève les yeux de mon écran, Jésus me regarde de ses grands yeux bleus. Sa couronne d’épine suinte. Il est en papier et en plastique, une sorte d’hologramme en deux dimensions qui bouge si je me déplace, de manière à ce que ses yeux me suivent partout, où que je sois dans la pièce. Sœur Marie-Claire l’a scotché au mur durant mes vacances, juste au dessus de l’écran, pour me protéger, en cadeau, ou quelque chose du genre. Jésus me regarde travailler, et moi, j’essaie de ne pas regarder Jésus. Mais mes yeux sont invariablement attirés par lui, une sorte de fascination morbide. Peut-être que si je le regarde assez longtemps, il va se mettre à bouger. Peut-être que si je lève les yeux vite, vite, je vais l’attraper à cligner des yeux, à regarder ailleurs.

Categories: fragments

kétaine is the new black

October 7, 2008 · Leave a Comment

dans le fond de mes poches, une feuille rougie par l’automne, un caillou tout blanc en forme de cœur, une craie pour dessiner des marelles

Categories: fragments

ce sont mes mots, mes seuls

October 7, 2008 · 5 Comments

NDLR : tentative d’écriture automatique après trop de café, de bière et de cigarettes… j’ai pas retouché et je penses en garder quelques bouts pour plus tard (la fin surtout, et quelques bouts du milieu) … là que la caféine, la nicotine et le houblon ne sont plus dans mes veines, je ne suis plus du tout énervée par mon piétinement; en fait, j’ai décidé de le savourer longuement, de m’amuser avec, comme un préliminaire à la fornication

 

 

ça vaut quand même la peine de se sentir super inspirée et motivée si je suis pas plus capable de pondre de quoi qui a du bon sang, viarge ! j’ai enfin mis le doigt dessus, le doigt sur ce que je veux faire de mes mots, je sais exactement quels sentiments je veux qu’ils projettent, j’ai une bonne idée de quelle forme mes poèmes devraient prendre, ça fait des années que je cherche ma forme à moi, quelque chose de différent, une manière d’hybride entre la poésie et la poésie en prose pis d’autre chose, un style nouveau mais qui m’irait le mieux et là ça y est, je l’ai, je me suis trouvée dans mes mots, j’ai réconcilié mon côté franco et mon côté anglo, je ne me suis jamais sentie aussi prêt du but, enfin, j’ai plein d’idées, des tonnes d’idées, tellement d’idées que ça reste toute bloqué par en dedans pis ça me faire faire les cents pas, et pis recommencer a fumer, passer des nuits blanches, sacrer et bougonner, ressortir mes vieux poèmes, fouiller sur le net pour de l’inspiration, en trouver et pis être jalouse de tout ce talent que je n’ai pas, me sermonner parce que je devrais pas être jalouse, dans le fond, ah pis envoye donc encore une cigarette et hop cette fois ca y est, ah ben non ça y est pas, criss, c’est pas ce que je voulais, c’est trop gnangnan, on delete, on recommence, on met de la musique, pas trop fort parce les voisins dorment, c’est bon mais ca déconcentre, ça me fait penser à toi, alors on ferme la musique et de toute évidence j’ai trop bu de café, j’ai trop fumé de clopes, ma patte saute en dessous du bureau ma patate saute dans ma poitrine, un ‘tit peu de tachycardie avec ça? ben oui, merci! on va rajouter ça à la liste. et je me tape moi-même sur les nerfs, calisse! y’est une heure du matin pis je me lève dans pas long je me lève haha je suis même pas couchée, pis pour rien en plus parce que tout ce que j’écris c’est de la marde, ciboire! pis là je t’entends me dire que je suis trop dure avec moi-même, oui je sais mais c’est de même pis c’est de même pis qu’est-cé tu veux que je te dise! tu sais, je sais exactement ce que je veux te dire, mais j’ose pas, parce que c’est fou, fou, parce que c’est trop tôt, mais je le sais je le sens pis t’es belle t’es belle t’es belle et je suis à toi

Categories: fragments

je te rêve farfelue

October 7, 2008 · Leave a Comment

let’s be the epitome of cool let’s be shinny and light and nerdy and fun let’s go out dancing and sing and laugh and be withy

 

                                                         *

 

and then we can walk about town and hold hands and run a little and jump be careful not to step on the lines and kiss at every street corner it’s gonna be fun

 

                                                         *

 

you are awesomeness and you make me feel fun and sexy when i’m with you all i really wanna do is look into your eyes and smile and kiss you

 

                                                         *

 

elle est calme, douce, intelligente, et plus patiente que moi

j’aime la faire rire, j’adore quand elle fait des grimaces, ou lorsqu’elle a envie de moi et qu’elle me le dit tout bas

Categories: 02.poèmes
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Sœur Marianne

October 7, 2008 · Leave a Comment

Même sous les rides, sous les cheveux blancs, on peut voir qu’elle avait été belle lorsqu’elle était jeune. Ses grands yeux bleus pétillent encore de malice, son sourire est toujours franc. Qu’est-ce qui peut pousser une belle jeune femme à devenir religieuse, une sœur cloitrée? Quel secret, ou quel appel plus fort que tout? Je n’ai pas cette foi, je n’ai pas cette peur. Je n’ai pas l’abandon.

Je ne comprendrai jamais.

Alors elles me fascinent.

Categories: fragments