Les murs sont rouge foncé, violacé. Des plafonds pendent des tapis et autres tissus indiens. C’est bohémien. Trop bohémien. Ç’aurait jamais l’air de ça dans la vraie vie.
Il n’y a personne dans la boutique. J’arrive de l’arrière, je traverse la salle. Le placher est incroyablement beau, de grosses lattes larges et travaillées, usées, couvertes d’un vernis ambré par le temps.
Je marche lentement parce que j’ai un plateau dans les mains, et je ne veux rien renverser.
Tu es dehors, sur un banc de parc juste en face de la boutique. Tu me souris. Tu porte ton gilet moutarde que tu n’aimes pas parce que tu le trouves trop ajusté / ton gilet avec des petites fleurs que je préfère parce qu’il est ajusté.
Nous buvons du thé et mangeons des oranges assises sur le banc. L’air est frais. Le soleil descends en grandes raies, bariole tout en traversant les feuilles de l’arbre au dessus de nous.
Je te regarde. Je t’aime.
Tu manges une tranche d’orange. Tu me souris.
Je sais que si je me penche pour t’embrasser, tu va passer ta langue sur tes lèvres juste avant, tu va gouter sucré, ça va être humide et un peu chaud.